Histoire
La fondation de l’Abbaye de la Paix-Dieu s’inscrit dans le mouvement mystique féminin qui marqua le diocèse de Liège au début du 13e siècle. Initialement installée dans le village hesbignon d’Oleye, l’abbaye est transférée, en 1244, dans un site de vallée, à la confluence de plusieurs ruisseaux, au lieu-dit Grognart, à Bodegnée. Immédiatement, l’abbaye de la Paix-Dieu constitue un domaine agricole pour vivre selon l’idéal d’autarcie des Cisterciens. Après la crise de la fin du 13e siècle qui affecte son économie, la Paix-Dieu réorganise son domaine et se mue peu à peu en seigneur foncier. Ce capitalisme de la terre lui permet de faire construire des bâtiments monastiques et la ferme qui annonce celle que nous lui connaissons aujourd’hui (1730-1767).
La communauté monastique
La communauté religieuse était composée d'une abbesse, chargée de l'administration spirituelle et temporelle du monastère, de dames professes qui servaient les offices, de soeurs converses, préposées aux travaux ménagers dans l'enceinte de l'abbaye, d'écolières et de tablières, femmes réalisant une retraite spirituelle.
Les moniales n'étaient le plus souvent que vingt à vingt cinq et vivaient dans le cloître. L'abbesse disposait de son aile, située entre l'église abbatiale et le quartier des hôtes réservé, lui, aux invités de passage.
La Paix-Dieu abritait en outre deux religieux chargés de célébrer les offices et de recueillir les confessions, du personnel domestique travaillant au sein de l'abbaye, occasionnellement des hôtes de passage et, à certaines périodes, des artisans intervenant sur les bâtiments : charpentiers, couvreurs, tisserands, brasseurs, tonneliers.
La reconversion de la Paix-Dieu
Sur proposition du Ministre du Patrimoine, Robert Collignon, le Gouvernement wallon décide, en 1995, de créer à la Paix-Dieu un "Centre de perfectionnement aux métiers du Patrimoine". Dès 1997, la Région acquiert par bail emphytéotique la propriété des anciens bâtiments conventuels du site de la Paix-Dieu, non compris donc la ferme et l’infirmerie. Une vaste campagne de restauration est alors programmée sur une quinzaine d’années. Entamée par la Division du Patrimoine de la Région, elle se poursuit sous l’égide de l’Institut du Patrimoine wallon qui gère le Centre de la Paix-Dieu depuis sa création effective en 1999.
Le bureau d'accueil de la Maison du Tourisme Hesbaye et Meuse est installé dans le hall d'entrée de l'IPW.
Les missions
Chaque année, le Centre de la Paix-Dieu dispense près d’une quarantaine de stages de perfectionnement à destination des professionnels du secteur de la construction et du Patrimoine et accueille en « classes d’éveil aux métiers du Patrimoine » des élèves de l’enseignement secondaire du premier degré d’observation. Grâce à son centre d’information et de documentation, la Paix-Dieu remplit également une mission fondamentale d’information et d’assistance technique, non seulement en mettant à disposition des professionnels, comme des maîtres d’ouvrage, une bibliothèque spécialisée dans les techniques traditionnelles et les savoir-faire, mais également en menant une réflexion de fonds sur la situation des PME et des artisans spécialisés dans les marchés publics de restauration des monuments.
La salle du Forum Rennequin Sualem accueille régulièrement des colloques et autres séminaires organisés par le Centre lui-même ou par des extérieurs. La possibilité de restauration et d’hébergement sur place permet désormais d’intensifier ce type d’organisation.








