Aller au contenu. | Aller à la navigation

Navigation

Navigation
Menu de navigation
Vous êtes ici : Accueil / Loisirs / Notre Histoire / Les maisons du Fonds Roi Albert
Actions sur le document

Les maisons du Fonds Roi Albert

Dégâts de guerre et organisation de l’aide aux sinistrés

Dès le début de la première guerre mondiale, les destructions dans le pays sont un problème majeur. Environ 100.000 habitations privées furent atteintes, dont 78.000 détruites ou gravement endommagées, et 11.000 édifices publics détruits.
Lors de l’invasion, les Allemands démontent les outils de la sidérurgie liégeoise pour les remonter dans le bassin de la Rhur. La fermeture de ces usines et l’expédition en  Allemagne des machines et des rails de chemin de fer rendent exsangue le tissu industriel.
Les réfugiés rentrant au pays devaient se loger dans des habitations de fortune ou chez des parents aussi mal logés. Leurs abris faits de bric et de broc ressemblaient plus à ceux des bidonvilles.
Dès le mois de mars 1915, Monsieur Helleputte, Ministre de l’Agriculture et des Travaux Publics, créa un service spécial chargé d’élaborer des propositions en vue d’acquérir des matériaux indispensables à la construction de baraquements, pour parer aux besoins les plus urgents.

roi albertUn an et demi plus tard, le gouvernement belge du Havre crée, par Arrêté royal du 23 septembre 1916, le Fonds Roi Albert. Ce fonds veille à pallier les dommages de guerre en offrant un abri de secours aux démunis belges, même dans les pays limitrophes. Son objectif était  «de reconstituer le noyau des agglomérations détruites au cours des combats, d’y recréer la vie et l’activité et d’aider au rétablissement des administrations, du culte, des écoles et des divers services publics, de ramener sur place les ouvriers et de servir de point de départ de reconstruction».

Cette institution porte le nom de notre Souverain en témoignage de l’intérêt que Sa Majesté n’a cessé de montrer, dès le temps de paix, à la question de l’habitation des classes laborieuses et pauvres.
Elle est dotée d’un patrimoine propre, elle jouit de l’autonomie financière et administrative en fonctionnant toutefois sous le contrôle du gouvernement. Son budget est alimenté par l’état et par des dons.

lettre01

Au mois de mai 1917, le Conseil d’Administration approuva un rapport du Directeur Général sur les travaux à réaliser immédiatement jusqu’à concurrence du premier crédit de 10 millions de francs. Tout était prêt pour l’adjudication des premiers baraquements, lorsque le Conseil fut informé qu’aucune suite ne pouvait être donnée à ces propositions, l’avance de 10 millions d’abord prévue par le Ministre des Finances, n’ayant pu être mise à la disposition de l’œuvre pour la raison que les crédits consentis à la Belgique par les Alliés devaient être réservés à des buts de guerre bien caractérisés.

fondsalbert04 herve barraquements

 

lovervalFonctionnement du Fonds du Roi Albert dès 1919

C’est seulement en 1919 que le Fonds du Roi Albert peut enfin devenir pleinement opérationnel après avoir reçu un budget de 100 millions et de 50 millions l’année suivante du Ministère de l’Intérieur.
Il acquiert différents types de baraquements militaires, comme les « demi-lunes » des Anglais à Calais, ou les grands baraquements américains qui servirent d’églises, d’écoles, …
Au début janvier 1919, le Fonds Roi Albert disposait d’environ 1500 baraquements édifiés en Hollande. En octobre 1920, les rapports officiels enregistraient 9500 baraquements pour habitations, 145 écoles, 55 églises, 54 maisons communales, 4 groupes de constructions pour hôpital, 21 postes de gendarmerie et 479 grands baraquements divers servant d’écoles, d’églises, de maisons communales, de magasins.

seraing ruegenets


Le travail du Fonds a permis de patienter en attendant la reconstruction et aussi de soulager la population plongée dans une grave crise du logement. Au fur et à mesure que progressait la reconstruction définitive, les baraquements libérés étaient remontés dans d’autres localités.
Le Fonds Roi Albert a assuré la gestion complète de ses baraquements et de ses dépôts-magasins.

lettre02Nouvel appel au Fonds Roi Albert lors de la crise du logement

Le Fonds Roi Albert semblait avoir achevé ses destinées et se préparait à la liquidation, quand, brusquement, il fut appelé à une nouvelle activité.
En 1922, en présence de la pénurie de logements, MM. Masson, Ministre de la Justice, Moyersoen, Ministre de l’Industrie et du Travail et le Vicomte Berryer, Ministre de l’Intérieur et de l’Hygiène, songèrent au service qu’une seconde fois, le Fonds Roi Albert pourrait rendre à la Belgique, en offrant des habitations coquettes, confortables et saines, à ceux que la loi sur les loyers et la cherté du logement exposait aux pires difficultés.
Des informations furent données aux communes et quelques jours après, un millier de demandes étaient annoncées.


Les nouveaux pavillons montés sur fondations en maçonnerie comprenant une cuisine en carrelages au lieu du bois, une cheminée en matériaux durs, sont construits avec des éléments de meilleure qualité que les baraquements confectionnés à la hâte à l’armistice et sont de loin supérieurs à ceux qui abritaient les sinistrés.
Ces pavillons étaient de deux types, 6 x 6m avec 3 chambres et 9 x 6m de 5 chambres.
Le Fonds est surtout connu pour ces pavillons (également appelés baraquements ou chalets) unifamiliaux en bois de sa propre fabrication, dont on vit de nombreux spécimens dans le pays. Les loyers demandés correspondaient à 5% du coût des constructions pour les services publics et à 2, puis 4% (en 1923) pour les habitations.
Le Fonds du Roi Albert est dissout en 1925. Les constructions libres d’occupants sont alors vendues.
Les autres continuent à être louées, puis, en 1926, la plupart d’entre-elles sont rachetées par les communes pour un prix fixé à 3.000 frs, afin de pouvoir continuer à abriter une population démunie. Le Fonds du Roi Albert a aussi fait don de chalets à des familles nombreuses vivant dans un grand dénuement.
Le solde des pavillons a été vendu à la Société Nationale des Habitations à Bon Marché.
En sa séance du 27 novembre 1929, il décide la destruction des archives.

charleroi

Ce qui se passe à AMAY

En 1921, le bourgmestre élu, Julien Jacquet, est le premier bourgmestre socialiste d’Amay (1921-1938).Le 30 avril 1923, le Ministère de l’Industrie et du Travail envoie une circulaire aux communes, relative à la situation problématique du logement.Au mois de juillet, le Collège d’Amay déclare qu’il n’y eu que 7 bâtiments privés qui furent endommagés pendant la guerre 14-18.La commune d’Amay ne fut pas sinistrée comme Visé, Liège, Andenne ou Dinant.


La consultation des Archives de l’Etat permet de suivre l’évolution économique et sociale de notre région après la guerre, dès 1919.En effet, de nombreux courriers de particuliers demandent aux Autorités communales des raccordements aux égouts ou à l’électricité. Le téléphone fait son apparition, nous retrouvons des demandes pour avoir un poste par quartier. Des briqueteries provisoires s’installent pour construire les nouvelles habitations.D’autres demandes concernent des agrandissements de maisons, l’ouverture de magasins, plusieurs ‘tueries’ ou abattoirs, garages, dépôts de benzine, boulangeries, menuiseries … et donc la pose de stores, de publicités apposées aux commerces… La plupart de ces nouveaux commerces ont besoin de moteur électrique. L’éclairage public apparaît ainsi que des plaintes d’Amaytois lorsque les ampoules ne fonctionnent plus ! Les factures de poteaux créosotés, et de kilomètres de câbles électriques impressionnent ! Des propriétaires font construire des clôtures ou des murets, ce qui nécessite des plans d’alignements…
L’autobus arrive …


Le Fonds Roi Albert propose alors un baraquement usagé de type Walschaert, portant le n° 2728 et provenant de Helchin (Audenarde). Il faut aller le chercher. C’est une ancienne école, de format 18 x 6 m, qui pourrait être convertie en deux habitations.La commune accepte, le loyer se monte à 26 francs par mois. Le chalet est installé aux Mirlondaines, aux pieds des Terres rouges, contre l’avis du garde forestier qui craignait l’incendie.
En sa séance du 28 décembre 1923, le Collège communal décide de demander de pouvoir louer 4 autres baraquements. Trois baraquements seraient en bois du type FRA (Fonds du Roi Albert) à 3 chambres et un wc, le quatrième en bois de type FRA à 5 chambres et un wc. Le Fonds du Roi Albert répond positivement.
Après discussion sur les prix et travaux nécessaires à leurs installations, le Fonds du Roi Albert libère 2 pavillons (matricule n°13118, n°13119) le 31 juillet 1924. Le 7 août 1924, les deux autres pavillons (n°13120, n°13121) sont prêts.


Le Collège communal du 14 janvier 1924 décide d’installer ces pavillons au Viamont, où la commune a l’intention de réaliser une place publique.Ces 4 pavillons identiques de 6 x 6 m de type FRA sont composés de 3 chambres, d’une cave pour le charbon et d’une fosse de WC. Ils sont loués comme habitations à la commune, celle-ci paye 165 francs par trimestre au Fonds qui reste propriétaire.Marcel Gordenne qui est né en 1930 dans la maison en face, pose devant les 4 pavillons. Il les a donc très bien connus ! La photo date de 1954-55.

«Les pavillons étaient peints en blanc et les montants en brun foncé. Il y avait 3 mètres de chaque côté pour permettre de verser le charbon dans les caves. Une petite annexe à l’arrière servait de débarras et donnait accès à l’escalier de la cave. Chaque pavillon avait un petit jardin à l’arrière. Il n’y avait pas de toilette ni d’eau courante ; les habitants utilisaient la pompe située sur la place du Viamont ou aux robinets communaux de distribution d’eau aux carrefours».

marcel gordenne

Le 27 décembre 1924, la commune d’Amay fait de nouveau appel au Fonds du Roi Albert pour obtenir 6 baraquements de 3 chambres et 4 à 5 chambres. Le Fonds du Roi Albert rappelle que la liquidation est prévue et qu’il n’est plus autorisé à construire de nouveaux pavillons. Par contre, il est en mesure de donner en location des pavillons usagés (Courrier du 31 mars 1926).
Le 15 septembre 1926, la Croix Rouge propose un baraquement de 18 x 6 m qui sera installé à côté de la Maison communale. Il est destiné à la Croix Rouge et à l’œuvre Nationale de l’Enfance. Ce chalet est toujours en place, mais dans un très mauvais état.

La naissance de l’œuvre nationale de l’Enfance :
Pendant la guerre, le Comité National de Secours et d’Alimentation disposait d’une section « Aide et Protection des Œuvres de l’Enfance », chargée de secourir les familles par la fourniture de colis alimentaires et de lutter contre la mortalité infantile. Le CNSA met en place des cantines pour les femmes enceintes et les mères nourrices afin de prévenir la débilité de leurs enfants. Après la guerre, ces multiples initiatives vont aboutir à la loi du 5 septembre 1919 instituant l’Oeuvre Nationale de l’Enfance.

fondsalbert05

Le 20 octobre 1926, le Fonds Roi Albert propose deux autres chalets usagés, le n°11037 à Coxyde et le n° 6272 à Nieuport. Le Collège décide immédiatement de les acheter. Ils sont remontés aux Mirlondaines, à côté du chalet n° 2728, sur une parcelle louée par l’épouse Fabry. C’est l’entreprise générale Van Neck de Bruxelles qui est chargée du démontage et du remontage.

Gilbert Dony se rappelle très bien les familles Guisset qui occupaient ces baraquements. Ils ont été démontés ou détruits avant la guerre 40-45… Ils étaient en très mauvais états !

Le 7 avril 1927, le Fonds du Roi Albert est disposé à vendre les 4 pavillons du Viamont. Le conseil communal du 23 décembre 1927 décide l’achat des 4 pavillons pour 3.100 francs payables en quinze annuités.
Le 18 octobre 1928, la commune d’Amay déclare au Comité de patronage de l’Arrondissement de Huy posséder 8 baraquements du Fonds du Roi Albert, 4 en parfait état, 4 en mauvais état.

Liquidation des baraquements du Fonds Roi Albert

Les 4 pavillons du Viamont, ont été vendus vers 1954. Les archives de la commune ayant brûlé, il est impossible d’en retrouver la trace officielle. Cependant, ces pavillons n’ont pas quittés la commune :

Le n° 13118 est au Bois de Mer à Amay
Monsieur Comminette l’achète et le revend à la famille Lamby qui y habite dès 1954. Après 1962, il est loué comme chalet de vacances.
C’est le seul en très bon état.

pavillon pacheLe n° 13119 est remonté rue La Pâche à Amay
La radio locale d’Amay y a avait son studio et son matériel d’émission.
Les parois les plus exposées aux pluies et au soleil sont abîmées, les châssis sont maintenant en plastique blanc, le carrelage est toujours là !
Il est inscrit au cadastre en 1987.

 

 

pavillon cabendeLe n° 13120 est  aux Cabendes à Ampsin
Monsieur Marcel Delhalle l’achète vers 1955 et l’installe dans son jardin comme abri de jardin.
Son neveu, Léon, et son épouse, hérite de la maison et du chalet.
La belle-mère de Léon, originaire de Poperinge, a été très émue lorsqu’elle l’a vu dans le jardin : «Mais j’ai habité dans un chalet comme celui-là !»
Madame Delhalle a décapé les cloisons intérieures qui étaient recouvertes de papier journal portant les dates de 1925 recouvertes d’un gros papier peint à fleurs. Elle a tout nettoyé, le chalet est entretenu avec passion !

Madame Delhalle raconte : « A 9 ans, ma mère, Alice, a été évacuée en France avec une ardoise au cou portant son nom. Elle était la dernière de 14 enfants. Les hommes partaient au front, tous les civils étaient évacués vers la France.
En rentrant d’évacuation, la famille d’Alice a été hébergée dans un pavillon du Fonds du Roi Albert. Les aînés partis, la famille était réduite, ils ont pu loger dans le petit grenier à l’étage. Après les reconstructions des maisons en Flandres, leur pavillon a été démonté et remonté à Mons où il a servi pendant la guerre de 40-45».

pavillon viamontLe n°13121 est resté sur place.
C’est « LE » pavillon du Viamont que tous les Amaytois connaissent ! Il est toujours propriété communale.
Après la guerre de 40-45, lorsque les locataires sont partis, il a été occupé par une école.  Les élèves de première et deuxième années de l’école du Pirkâ dont l’institutrice était la fille de Napoléon Graindorge, devaient être relogés dans un bâtiment en attendant leur nouvelle école, leur petit bâtiment scolaire ayant été démoli pour réaliser la place communale actuelle, place Claudy Sohet. Lorsque les élèves eurent retrouvés de nouveaux locaux à l’école des Thiers, le pavillon abrita des cours de couture donnés par Madame Mossoux, puis par la Femme Prévoyante Socialiste. Ensuite, il servit de maison de quartier pour les joueurs de cartes jusqu’à la construction des locaux en bas de la place, à côté des terrains de pétanque.
Le pointage des chômeurs fut sa dernière occupation, jusqu’en décembre 2005. Il servit ensuite comme réserve pour le matériel du club cycliste.
Après quelques faits de vandalisme, le local est vide et abandonné.

D’autres pavillons sur la commune actuelle d’Amay sont complètement transformés, méconnaissables, mais on y retrouve le gabarit initial et la position des portes et fenêtres.
Cette découverte est due uniquement à la mémoire de Michel Hart qui a gardé un souvenir très précis des pavillons en bois du Fonds du Roi Albert fréquentés pendant sa jeunesse dans les communes d’Ampsin et d’Amay.

Rappel : Beaucoup de constructions sans permis existent au cadastre. En effet, jusqu’il y a peu, les services d’urbanisme et du cadastre n’étaient pas liés. Des agents du cadastre sillonnaient les rues de nos communes pour repérer les constructions et … les taxer. Plusieurs chalets du Fonds du Roi Albert ont été inscrits au cadastre sous la dénomination de ‘habitation de vacances’. Sous ce vocable, ils n’étaient pas repris à l’urbanisme. Les propriétaires pouvaient donc faire des transformations et agrandissements sans permis. C’est par la suite, lorsque les demandes de modification furent obligatoires (en 1962), que les choses se compliquèrent ….

Aux Mirlondaines, rue des Terres Rouges :

Monsieur et Madame Lizen Thirion achètent un baraquement en 1983 avec châssis peints en vert et appartenant à la commune d’Amay. Il est loué à Monsieur Schumacher qui était domicilié en 1961. Le couple Lizen-Thirion entame des travaux d’isolation et de confort, le chalet prend « l’allure » qu’il a maintenant dès 1986.
Nous avons retrouvé la trace du dernier baraquement des Mirlondaines dans les Archives de l’Etat. En effet, le 4 février 1936, ce baraquement est adjugé en vente publique à Monsieur Félix Dumont.

Rue Marquesse :

Le terrain appartenait à Pierre Plomteux, ouvrier mineur. Les époux Doucet-Plomteux l’achète en 1926 et y érige le pavillon. Joseph Doucet était machiniste, Marcelline Plomteux ménagère. Les époux Doucet vendent « un baraquement construit en planches, sur fondations en pierres et comprenant trois places, sur et avec terrain, sis rue Marquesse… » en 1953 à la famille Wirtz-Hart.

Rue des Jardins :

La belle-mère de Monsieur Riga est propriétaire d’un terrain rue des Jardins à Ampsin et le loue.
En 1956, les locataires, un couple de Seraing, demande l’autorisation d’y construire un chalet en bois. Celui-ci est monté sur une dalle en béton. La propriétaire donne son accord à condition qu’il soit démontable lors d’une éventuelle vente.
Les héritiers rachètent terrain et chalet à Monsieur Riga.

L’école du Wéhairon, rue Marquesse

Le 26 mai 1926, la commune d’Amay rachète le baraquement 2728 installé aux Mirlondaines depuis 1923.
Il est très probable que l’école du Wéhairon soit le n°2728 déplacé avant la guerre de 1940.

pavillon wehairon

Il semblerait qu’il y en aurait d’autres, rue Quinet et rue des Trois Sœurs. Ils ont brûlé ou ont disparu. Sans archives communales, il est très difficile de les retrouver !

 

Sources :
Archives de l’Etat à Liège, Archives Générales du Royaume à Bruxelles, Qualité-Village-Wallonie

« Sur les traces de 14-18 en Wallonie, La mémoire du Patrimoine - Daniel Conraads et Dominique Nahoé- Publication de l'IPW

Recherches et réalisation :
Michel Hart, Jean-Louis Matagne, Françoise Papic, Anne Timmermans