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Zoom sur deux piliers de la Culture amaytoise

A l’heure de l’élaboration de plans de relance économique, de l’urgence de sortie de cette crise du point de vue sanitaire, social et psychologique, nous avons souhaité revenir sur la place de la culture dans notre commune.
Dans un secteur dépendant du public et de son accueil physique, il est difficile de voir l’avenir avec une vision claire et sereine, d’établir des programmations et de reprendre « la vie d’avant »… Néanmoins, même si cette crise a balayé beaucoup de certitudes, nous sommes convaincus que la culture est et restera un pilier et un soutien pour beaucoup d’entre nous.

Nous avons donc donné la parole ce mois-ci dans ce dossier central, aux deux acteurs culturels amaytois incontournables que sont, le Centre culturel et la Maison de la Poésie.

Le Centre Culturel

Comment avez-vous vécu et traversez-vous cette crise sanitaire?

Avec la fermeture des cinémas, l’annulation de concerts, de spectacles ou de foire, c’est tout un pan de l’économie culturelle qui est depuis plusieurs mois à l’arrêt.
Notre institution a continué à recevoir ses subventions, explique Eddy Gijsens, directeur du Centre culturel. Nos emplois ont été préservés mais il a fallu gérer le télétravail et faire en sorte de ne pas léser ceux avec qui nous travaillons, techniciens et artistes. Lors de la première vague, on a proposé à ces derniers un report de date et notre rôle s’est cristallisé autours de l’obtention de subventions «Art & Vie».
Avec la deuxième vague, on a pu reprendre partiellement l’activité ; avec la réalisation de travaux de peinture et d’aménagement au sein du Centre culturel ainsi que la reprise partielle des stages (pour les enfants de moins de 12 ans). Puis, tout s’est à nouveau arrêté. Nous avons dû nous adapter mais notre souhait, c’est de pouvoir recommencer à travailler comme avant.

Comment vous êtes-vous mobilisés pour continuer à exercer votre métier?

Deux pas en avant, quatre pas en arrière, résume l’état d’esprit de l’équipe du Centre culturel qui a dû user de stratagèmes pour que la culture s’externalise hors des murs du Centre culturel, dans les écoles notamment avec la programmation d’un spectacle de théâtre de quartier (à Ampsin), la demande de subventions pour la réalisation de 17 projets artistiques et culturels, avec l’accueil d’artistes en résidence qui consistait à mettre à disposition un local, du matériel et faire de la promo. Le Centre culturel poursuit également la mise sur pied du Festival 4540 (musique urbaine) en partenariat avec un groupe de jeunes compositeurs et interprètes amaytois.
En 2020,  trois spectacles ont pu être programmés dans le respect le plus total des mesures de sécurité qui changeaient tous les 15 jours mais aucune foire n’a vu le jour de peur d’être un «cluster».

Quelle(s)s leçon(s) tirez-vous de cette crise?

L’envie de tourner la page rapidement pour permettre au secteur culturel de voir l’avenir avec plus d’optimisme.
Nous avons l’intention conformément à notre contrat-programme de décentraliser davantage la Culture avec le développement du volet Cinéma. Nous prévoyons 3 à 4 séances de cinéma en plein air. Nous équipons également notre deuxième salle de cinéma pour permettre de projeter un film simultanément dans nos deux salles. Enfin, nous allons poursuivre le cinéma dans les écoles (en partenariat avec Les Grignoux).
Sur le plan audiovisuel, Radio AFM a pu être maintenue par les animateurs bénévoles pendant le confinement en respectant les mesures sanitaires mais les émissions animées par le Centre culturel ont par contre cessé. Nous avons bien l’intention de reprendre la diffusion dès que cela sera possible.

Plus un mois sans faire une exposition aussi ! déclare Eddy.

Quels sont vos projets pour 2021?

En 2021, plusieurs appels à projet permettront à de nombreux artistes de réaliser en partenariat avec les écoles de l’entité amaytoises, des collaborations durables dans des classes. Parmi ces projets de collaboration, il y a notamment :

  1. Le Projet « Chocolat littéraire » d’André Borbé (auteur interprète) avec la classe de 6e année de Don Bosco. Sur le mode d’un café littéraire, l’auteur discutera de son nouveau roman avec les élèves.
  2. Le Projet de danse contemporaine avec Juliette Colmant avec les enfants de 3e maternelle et de 1e et 2e primaire. Des ateliers qui ne nécessitent aucun prérequis permettront l’accès à la culture à TOUS les enfants.
  3. Le Projet avec l’asbl NECTAR qui propose aux enfants de l’école du Rivage de la 3e à la 6e primaire un stage de rap.
  4. Le Projet « Le zapping du web » avec l’école du Chêneux. Les élèves feront du cinéma avec le réalisateur Robin Libon.

Le Festival 4540
Depuis deux années, nos jeunes préparent un projet de festival de musiques urbaines. Ensemble, en collaboration avec les animatrices du Centre culturel, ils ont créé, interprété et enregistré des chansons. Pendant le déconfinement, ils ont bénéficié d’un coaching sur-mesures et ont dû malheureusement tout arrêter avec le reconfinement. Le Festival qui devait voir le jour en 2020 est reporté à l’été 2021. Entretemps, les jeunes continuent par le biais de web ateliers à monter le spectacle.

Le retour de la Fête des enfants tous les deux ans. On retrouvera avec plaisir ce rendez-vous grand public dès le printemps 2022.

Quel message souhaitez-vous adresser aux Amaytois(es)?

Vous nous manquez… N’ayez pas peur car on fera tout pour vous accueillir dans de bonnes conditions mais restez prudents jusqu’à ce que l’on trouve un remède à cette maladie.

La Maison De La Poésie

Saviez-vous qu’il n’y avait que trois Maisons de la Poésie en Belgique dont celle d’Amay?

Dans un entretien avec David Giannoni, directeur de la Maison de la Poésie d’Amay, ce dernier rappelait l’ancrage territorial de ce bâtiment d’exception dans le paysage amaytois. De par sa situation, logé dans le cœur de la ville, et ses activités, ce dernier forge l’identité et le caractère de notre commune.

Comment avez-vous vécu et traversez-vous cette crise sanitaire?

Lors de la première vague, personne ne savait comment gérer la crise et vers quoi nous allions… Heureusement, l’imprimerie a pu continuer à tourner. Cette activité nous donne les ressources pour tenir le coup car nous publions beaucoup d’ouvrages pour des éditeurs belges, français et même marocains. Par contre, toutes les activités culturelles et événementielles qui nous donnent de la visibilité, comme « Le Nouvel an poétique », la venue d’auteurs étrangers en résidence, ont été annulées. Nous avons pris la décision de ne pas sur-pénaliser les employés avec du chômage partiel. On a donc dû travailler sur une autre échelle de temps. Il a fallu également organiser le télétravail et la rotation du personnel sur place chargé de la distribution des livres tout en respectant les règles de confinement à la lettre.
Le monde culturel génère beaucoup d’emplois (artistes et techniciens). Bien que ce secteur soit subsidié, c’est insuffisant pour continuer à faire vivre tout le monde. D’où le questionnement sur le mode fonctionnement à adopter.

Comment vous êtes-vous adaptés pour continuer à exercer votre métier?

Il est important de trouver d’autres façons de fonctionner pour continuer à exister. Nous nous sommes repositionnés. Nous avons entre autres finalisé le développement de notre nouveau site web (www.maisondelapoesie.com ) pour une meilleure visibilité de nos activités avec la possibilité de commander des livres en ligne de façon sécurisée. Cet e-shop nous permet de pallier au risque de fermeture des librairies.
Quand on vit confiné, quoi de mieux que les outils numériques pour amener la culture vers les citoyens. C’est ainsi que le projet de lecture quotidienne de poésie sur le net a démarré. Plusieurs auteurs nous ont par la suite rejoints. C’était notre manière à nous de rester visible et vivant ! C’était aussi un moment de partage et une bulle d’oxygène face à cette crise.

Quelle(s)s leçon(s) tirez-vous de cette crise?

Je retiens de la gestion de la crise qu’on devrait des informations plus complètes, diversifiées et cohérentes de la part des médias et des Autorités.
Si une leçon peut être tirée, c’est que la poésie est au moins aussi importante que l’économie car elle permet de donner de l’espoir, mettre de la vie dans le cœur des gens. On l’a vu avec toutes les initiatives qui ont fleuri sur les réseaux sociaux.
On doit prendre le temps également de reconsidérer nos modes de vie et de travail. La vie relationnelle nous manque beaucoup. La privation de la vie intergénérationnelle nous a marqués. Des personnes, des êtres chers sont morts dans l’isolement le plus total. Il faudra peut-être apprendre à vivre avec le masque comme en Asie.

Quels sont vos projets pour 2021?

La restauration de la Maison de la Poésie
Une restauration complète de la bâtisse s’impose afin d’en faire un haut lieu culturel et artistique permettant d’accueillir des expos, des animations, des rencontres littéraires, une poémathèque,… Il s’agit d’en faire un endroit centré sur la poésie mais accessible à tous (étudiant, citoyen, doctorant,…) et équipé (mezzanines, tables modulables, accès web,…).

En correspondance avec ce projet, l’idée de créer une deuxième résidence, destinée aux étudiants, dans la partie mansarde, est née. La première accueille depuis plusieurs années, des poètes du monde entier. Le souhait est de pouvoir proposer aux auteurs en résidence d’y présenter le résultat de leur travail.

Dans ce projet de rénovation, il est prévu aussi que la partie Imprimerie (située dans l’ancienne conciergerie de l’école d’Ombret) déménage au rez-de chaussée de la Maison de la Poésie.
Ce projet d’envergure nécessite des fonds. En collaboration avec les Autorités communales, des demandes de subventions (de « Liège Europe Métropole », de la Fédération Wallonie-Bruxelles et privées) permettront de concrétiser d’ici 2 ou 3 ans, ce que David Giannoni appelle « Le théâtre des utopies ».
Pour ce faire, ce dernier insiste sur l’importance de concevoir un projet architectural novateur tant du point de vue du fond que de la forme. Ainsi, la volonté de faire appel à un architecte qui apporterait un regard en résonance avec l’esprit poétique et de transition qui se dégagent de la Maison, est cruciale. Et de rappeler : Amay est bien ancrée dans la bataille écologique. Nous voulons un bâtiment écoresponsable qui soit le témoin d’une époque et en lien avec la transition. De cette manière, la Maison de la Poésie serait un point d’attractivité dans la région et même au-delà de nos frontières, conclut David.

Sous l’égide de la Ministre de la culture, madame Liénard, la Maison de la Poésie espère que le déblocage du moratoire pour l’octroi de subsides en soutien au domaine culturel lourdement impacté par la crise sanitaire, permettra la concrétisation de cette rénovation.

Soirée d’hommage
Mi-mars, Rio Di Maria, cofondateur de la Maison de la Poésie, nous quittait. Nous souhaiterions organiser une fête à sa mémoire dès que ce sera possible.

Quel message souhaitez-vous adresser aux Amaytois(es)?

Soyez fiers d’avoir une Maison dédiée à la poésie et aux poètes sur votre territoire. Celle-ci fait rayonner Amay dans toute la Belgique et au-delà de nos frontières. Soyez curieux et venez découvrir ce qui s’y fait. Nos activités et nos événements sont accessibles au grand public.