Accueillir nos amies, les abeilles !
Les abeilles et les autres pollinisateurs, tels que les papillons et les syrphes transportent le pollen de fleurs en fleurs, ce qui permet la reproduction de nombreuses plantes.
Sans eux, pas de haricot, tomate, potiron... Plus de 85% des fruits et légumes ne peuvent se développer sans leurs actions et disparaitraient des rayons de magasins, de nos frigos et de nos assiettes.
Pourtant, ces pollinisateurs sont en danger. Les abeilles et plus généralement les insectes disparaissent ! Ce problème serait dû à un ensemble de causes : utilisation de pesticides, perte ou dégradation des habitats, la présence de parasites et de prédateurs invasifs (l’acarien varroa et le frelon asiatique). Une disparition totale aurait de graves conséquences écologiques et économiques (la pollinisation naturelle est estimée à 153 milliards d’euros chaque année au niveau mondial). Contre ce processus, nous pouvons agir !
Dans le cadre du PLAN MAYA de notre commune, des actions favorables à la préservation des insectes butineurs peuvent être réalisées.
Les abeilles solitaires
En tant que citoyen, vous pouvez aussi contribuer au retour des insectes pollinisateurs dans les jardins en procédant à quelques aménagements en faveur des abeilles solitaires au jardin.
Les abeilles ont parfois mauvaise réputation. On les associe à la piqure douloureuse provoquée par leur dard.
Contrairement à l’abeille sociale (abeille mellifère de nos ruches) qui peut piquer pour protéger son nid, il y a très peu de risques de se faire piquer par une abeille solitaire. Chez cette espèce, il n’y a pas de quantités importantes de couvain ni de réserves de miel. Il n’existe pas de Reine, puisque les abeilles solitaires, comme le dit bien leur nom, vivent seules. La femelle pond une dizaine d’œufs qu’elle ne verra même pas éclore ! Elle passe son temps à récolter du pollen et du nectar pour la nourriture de sa future progéniture. Autant dire qu’elle n’est pas souvent au nid, et d’ailleurs, des insectes parasites en profitent bien souvent.
Est-ce que j’aurai du miel ?
Non ! Seules les abeilles mellifères (une espèce d’abeilles, Apis mellifera, parmi des centaines d’autres) produisent du miel. Les abeilles solitaires émergent au printemps et, très vite, s’accouplent. Puis, la femelle trouve un nid et y construit des cellules pleines de nourriture et pond dans chaque cellule, un œuf. Une fois sa mission accomplie, après quelques semaines, la femelle meurt. Les œufs éclosent dans les cellules, se nourrissent du « pain de pollen », puis font leur cocon. Et il faut attendre le printemps prochain pour que les adultes sortent. Pas besoin de miel !
Désolés donc pour les fins gourmets, il faudra chercher le miel chez l’apiculteur.
Mais alors, à quoi ça sert d’avoir des abeilles solitaires ?
C’est une question de biodiversité ! Chaque être vivant a sa place dans la nature. Si un chaînon manque, l’écosystème entier est perturbé. Einstein disait : «Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre». Pourquoi ? Les abeilles sont des insectes pollinisateurs. Ils assurent la fécondation de nombreuses plantes, notamment des plantes potagères et des fruitiers. Pas de fécondation, pas de fruit, pas de graines… Il restera peu à manger, pour nous et pour les herbivores.
Où puis-je installer mes nichoirs à abeilles solitaires ?
Pour que vos nichoirs soient occupés par les abeilles, il faut absolument qu’ils soient bien exposés au soleil. Les abeilles solitaires les plus courantes volent tôt dans la saison, au moment où les matinées sont encore froides. Les adultes ont besoin de se réchauffer pour récolter pollen et nectar. Par ailleurs, les larves se développeront un peu plus vite dans un nichoir plus chaud, ce qui leur donne de meilleures chances de survie.
Installez vos nichoirs dans un endroit calme, où vous ne les dérangerez pas. Quelques fois, il sera utile de protéger le nichoir contre les oiseaux (pics, mésanges…). Placez alors un treillis devant le nichoir. Les mailles ne doivent pas être trop petites, pour ne pas déranger les abeilles.
Accueillir les pollinisateurs chez soi
Pour accueillir les pollinisateurs chez vous, il vous faut aménager des lieux de nidification et de ponte (les hôtels à insectes). Quelques morceaux de bois, un peu d’outillage, et c’est parti!
Une bûche percée de quelques galeries de 4 à 12 mm de diamètre et d’une dizaine de centimètres de long, ou encore un fagot de tiges creuses (bambou, berce commune, etc.) ou à moelle (sureaux, etc.) suffiront bien souvent pour accentuer la présence d’abeilles sauvages dans votre jardin. Un diamètre de 8mm attirera les osmies, facilement reconnaissable avec leur derrière roux.
Conserver des espaces plus naturels dans votre jardin. Un tas de bois, un talus de terre ou de sable, ou encore des talus empierrés ainsi que des espaces verts que l’on ne tond pas peuvent déjà offrir de très beaux gîtes aux pollinisateurs.
Ne pas oublier le couvert !
Les abeilles prospectent dans un rayon de 50 m à 500 m (suivant la taille de l’abeille) pour trouver de la nourriture. Veillez à ce qu’elles disposent d’une diversité maximale de plantes mellifères, culinaires et aromatiques : sauge, mélisse, fenouil, thym, origan, lavande, romarin. N’oublions pas non plus les arbres et arbustes sauvages tels que les érables, les saules, les fruitiers, les arbustes à baies (épine noire, aubépine, cornouiller, églantier) qui constituent aussi des sources de nourriture très convoitées.
Les plantes mellifères sont plus utiles et fournissent plus de ressources que d’autres pour les pollinisateurs. Les deux ressources principales recherchées sont la quantité de pollen et de nectar que la plante produit. Certaines produisent plus de nectar (qui sera transformé en miel par les abeilles), d’autre produisent plus de pollen (pour l’alimentation des larves), et certaines sont excellentes dans la production de ces deux ressources !
La phacélie, le saule marsault ou encore le marronnier sont d’excellents exemples ! Mais la meilleure idée ne serait-elle pas de laisser des espaces naturels ou apparaîtront naturellement des plantes adaptées ?
Vous ne disposez pas d’un jardin ?
Certaines plantes comme l’orpin se développent volontiers sur les toits plats ou en pots.
Mais surtout, bannissons les pesticides au jardin !
Plus d’infos : biodiversite.wallonie.be/fr/plan-maya
Vous y trouverez sous l'onglet "bibliothèque Maya" des brochures téléchargeables éditées par le SPW Environnement: l’une sur le Plan Maya, la seconde sur les arbres et arbustes mellifères et la 3ème sur l’aménagement des prairies de plantes sauvages.